Publié dans A votre rencontre

Face au projet de loi Collomb, réaffirmons notre attachement à l’hospitalité

Marie et Camille Guillaumin habitaient Savigny-en-Septaine dans le Cher, dans une ferme isolée. Ils ont eu 13 enfants.

Le 29 avril prochain, comme chaque année, l’ensemble des élus du Cher leur rendront hommage.

Nous rendrons hommage à leur courage. Nous nous souviendrons qu’ils ont incarné, en dépit de tous les dangers, le sens de l’accueil.

Le 24 juillet 1944, un homme, Charles Krameisen, est parvenu jusqu’à leur ferme, rampant dans les ronces, se dérobant aux recherches de la milice et de la Gestapo. Il venait d’échapper au massacre des Puits de Guerry qui feront 36 morts.

Charles Krameisen est resté caché dans un grenier à foin, nourri et soigné par le couple Guillaumin.

Plus de 70 ans plus tard, lorsque nous parlons de l’accueil des migrants, je me souviens toujours du courage du couple Guillaumin, simples fermiers dans la campagne berrichonne. Face au désarroi d’un homme, ils n’ont pas tergiversé. Ils ont agi en êtres humains. Ils n’ont pas décidé d’être des héros, ils ont simplement écouté leur humanité.

Le 8 Mai 2012, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Marie et Camille Guillaumin.

Plus de 70 ans plus tard, celles et ceux qui frappent à notre porte tentent eux aussi d’échapper à la mort.

L’honneur de l’Europe, l’honneur de notre Nation française est de les accueillir.

Jacques Toubon, Défenseur des droits, a dénoncé il y a quelques jours le projet de loi Collomb et alerté sur cette remise en cause du droit inconditionnel à l’hébergement. Il s’est insurgé contre les propos choquants de députés de La République en marche jugeant sa défense des droits fondamentaux caricaturaux. Qui l’eut cru ? Celui qui incarnait hier une droite forte dénonce aujourd’hui un texte d’une dureté inédite.

 

Face à la dureté du projet de loi asile et immigration, réaffirmons notre attachement aux valeurs d’accueil, d’hospitalité qui sont au fondement de notre civilisation.

 

Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. (Lc 2,7)

 

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